sam. Juil 20th, 2019

Joanna Klatten: “Never give in!”.

“Success consists of going from failure to failure without enthusiasm” Winston Churchill.

Comme certains d’entre vous l’ont sûrement remarqué, mes scores au Vic Open et à l’Australian Open étaient pathétiques. J’ai fini bas du tableau dans les deux tournois. Mais pour être honnête avec vous, je n’ai jamais été aussi peu démoralisée par 2 cuts ratés d’affilée. A peine la carte rendue, j’ai filé au practice pour taper des balles et chipper, alors que je savais que je ne rejouerais pas de tournoi avant Phoenix, mi mars. Puis le lendemain, j’ai fait une grosse journée d’entraînement avec mon coach. Ma réaction vous surprend peut être? Je vous rassure, moi aussi. Car dans le passé, il m’arrivait souvent de rentrer dans ma chambre et de pleurer toutes les larmes de mon corps après avoir raté un cut.

Mais avec le temps, on apprend qu’après la pluie vient le beau temps. Que le golf a ses saisons, et qu’aucune d’entre elles ne dure éternellement. La vie est un cycle qui consiste à planter, récolter, reposer, et renouveller.

C’est beau d’espérer, de rêver. C’est ce qui construit une image dans sa tête du succès que l’on envisage pour soi-même dans un futur lointain, et il est indéniable que c’est un facteur de motivation nécessaire. Mais ça ne suffit pas. Espérer peut vite devenir une activité passive, où l’on procrastine plus que l’on agit. Espérer est souvent synonyme de laisser le destin nous contrôler. Et ça finit souvent par des espoirs déçus. Le tout est d’entreprendre des actions nous rapprochant de notre objectif ultime.

Un jour j’ai entendu cette histoire de deux hommes au même gabarit que l’on place chacun devant un arbre au tronc relativement large. Les instructions sont simples: le premier à abattre l’arbre se verra offrir ce qu’il veut. Il y en un qui a les yeux bandés, l’autre non, et chacun a une hache identique. Les hommes commencent alors leur travail. Au bout d’une demi heure, celui qui a les yeux découverts se sent découragé par la taille ridicule de son entaille. Celui qui a les yeux bandés continue à lancer sa hache, sans broncher. Une heure plus tard, on entend le son de la hache toujours aussi fréquent chez l’homme aux yeux bandés, alors qu’il se fait plus rare chez l’autre, qui à la vue de son travail, perd espoir et cède petit à petit à la fatigue. Puis finalement, une heure plus tard, on entend un bruit assourdissant. Celui de l’arbre de l’homme aux yeux bandés qui s’écroule. La morale de l’histoire est simple: lorsque l’on établit un projet, il faut croire au “process” et ne pas s’attarder sur les résultats à court terme, qui par moments peuvent s’avérer décourageants. Il faut garder l’objectif à long terme en tête, et poser sa brique tous les jours, LES YEUX BANDÉS.

En 2005, Steve Jobs a fait un discours à Stanford qui m’a beaucoup marqué. Il racontait qu’il fallait croire fermement que toutes les étapes que l’on traverse, bonnes ou mauvaises, font partie du chemin vers le succès. Il faut avoir la foi que 10 ans plus tard, l’on pourra regarder en arrière et connecter tous ces points. Et qu’en attendant, il faut faire confiance en son instinct, sa destinée.

J’ai pris quelques gros coups sur la tête ces dernières années mais ce fut une expérience qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. C’est dans les moments durs que l’on reconnaît les gens sur qui l’on peut compter, ceux qui vous témoignent autant d’intérêt quand vous gagnez que lorsque vous finissez bas du classement. Comme je l’ai souvent dit, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, l’important c’est de la vivre entouré de gens qui vous élèvent et croient en vous, et vous aimeront quoi qu’il arrive.

Aujourd’hui j’ai retrouvé la passion pour le jeu comme jamais (en partie grâce à mon coach, en qui j’ai une confiance aveugle). Rien que cela, en soi, est une victoire personnelle. 6 mois plus tôt, je me réveillais chaque matin sans savoir quoi faire de ma journée, ce qui m’angoissait abominablement. Je me suis alors rendue compte qu’il était necessaire, pour ma santé mentale, d’avoir un boulot que j’aime. Beaucoup de gens, depuis le tout début de ma carrière, m’ont traité de folle car je pouvais faire des journées de 10/12 heures d’entraînement. Je me souviens des journées les plus longues en juin à Paris, où j’en profitais pour démarrer l’entraînement à 8 heures, pour finir à la tombée de la nuit à 22h. Mais ce que beaucoup ne comprennent pas, c’est que lorsque vous aimez votre boulot, ça n’est plus du boulot. En plus d’1 an de relation avec mon copain, je ne l’ai jamais entendu se plaindre de devoir se lever tous les matins à 6h pour aller à l’hôpital (il est chirurgien). Plusieurs fois le lundi, il partait à 6h pour ne revenir qu’à 23h. Et à chaque fois, il revenait avec le sourire. Tout simplement car il aime ce qu’il fait, et que l’on ne considère pas ce qu’on aime faire comme du travail.

Après l’Australie, je me suis fixée l’objectif de faire au moins 72 trous par semaine, afin de retrouver le sens du jeu. Pour le moment, j’explose cet objectif. Cette semaine à Dallas, je fais en moyenne 27 trous par jour. Jeudi, j’ai 18 trous de prévu avec des amis à Trinity Forest le matin, puis l’après-midi, entre 27 et 36 à Maridoe avec l’un de mes meilleurs amis Charlie. Je n’ai jamais été aussi heureuse de jouer.

Bref, vivement que la saison reprenne.

Joanna.

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